I Pierre Loti I François Mauriac I Edmond Rostand I

n 1902, l'écrivain et dramaturge Edmond Rostand (1868-1918) atteint
d'une pneumonie qui mit ses jours en danger et compromit gravement sa santé se retire à
Cambo, dans le pays basque. Il y achète plusieurs hectares sur la colline dominant la
vallée de l'Arraga pour y construire une maison dans le style néo-basque. La
construction, sous la conduite de l'architecte parisien Albert Tournaire, aidé sur place
par l'architecte bordelais Pierre Ferret, s'échelonne de 1903 à 1906. Pour le décor
somptueux, Rostand s'adresse à de nombreux artistes à la mode : les peintres Gaston
Latouche, Hélène Dufau, Georges Delaw et Jean Veber, le sculpteur Raoul Verlet et le
ferronnier Vian. Le poète y a vécu, avec sa famille, de 1906 jusqu'à sa mort en 1918.
Le domaine est acheté par la ville de Cambo en 1961 pour y installer le musée Rostand,
créé en 1958. Amoureux du lieu, Rostand y consacre toute son énergie. " Je
voudrais savoir exactement la taille de cet énorme rhodo, pour que déjà j'en cherche la
place... Les énumérations d'hortensias m'ont affolé ! Où pourrais-je mettre tout cela
?... Hier soir, à minuit, j'étais encore au jardin dans un grand clair de lune... Quel
temps aujourd'hui ! de l'or pâle, dine... L'air autour du rosarium est de cristal et
d'or... Je ne cesse de relire le catalogue des roses... Je suis vraiment comme un
enfant... J'en rêve !... ".


Il nous laissse à admirer de somptueux jardins à la française, une
pergola, une orangerie, des pièces d'eau et parterres fleuris. Plus encore, il nous
laisse son talent : Je reste persuadée que, lorsqu'il fit d'Arnaga ce domaine
féerique, lorsqu'il fit ratisser tant d'allées et couper tant d'ifs en forme
d'obélisque et d'oiseau, et monter tant de jets d'eau multicolores, et glisser cette
gondole rouge sur cette eau toute palpitante d'avoir tant couru dans la montagne, s'il
fit, au bord du ciel, cette maison basque au milieu de ce jardin français, s'il faisait
inlassablement rougir les géraniums, bleuir les hortensias, blanchir l'orangerie et
repeindre les balcons, ce n'était pas par une suite de caprices Louis-Quatorzièmes !...
non ! s'il eut la fantaisie de composer, d'entretenir, d'embellir ces prodigieux jardins,
ce n'était pas uniquement parce qu'il avait le désir de les voir, l'orgueil de les
admirer et la faiblesse de les adorer, mais bien parce que, mélangeant dans ce geste, sa
poésie et sa pudeur, il put ainsi, en se donnant l'air d'un dilettante qui aime les
variétés de roses, aider un peu à vivre pendant cinq ans tous les ouvriers d'un pays.
(Rosemonde Gérard ).
A noter : en août, festival de théâtre et du 14 juillet à mi-septembre, tous les mardis à 20h30 "Les Nocturnes d'Arnaga"
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Allée Ed. Rostand 64250 Cambo-les-Bains, Tel : 05.59.29.70.57 Fax : 05.59.29.33.80 |
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