
riginaire des zones
tempérées d'Asie Mineure et d'Europe*, la
châtaigne a longtemps représenté une ressource alimentaire importante pour les
populations de régions aussi diverses que le Massif armoricain, le Massif central, la
Corse, le Portugal ou l'Italie du Nord.
Consommée à la place des céréales; on appelait d'ailleurs le châtaignier l'arbre à pain, elle était la principale part énergétique de l'alimentation mais également du commerce, des rites sociaux
"Dans le midi de la France, en Espagne et en Italie, les châtaignes grillées faisaient partie du repas traditionnel de la Toussaint, veille de la fête des morts : toutes celles dont on enlevait l'écorce pour les manger correspondaient à une âme du purgatoire délivrée et en route pour le Paradis. Autrefois dans le sud de la France, on laissait dans les maisons des châtaignes le plus souvent bouillies pour nourrir les âmes de ceux qui avaient de leur vivant, habité la région; cette offrande aux défunts était aussi un moyen de les éloigner." (Eloïse Mozzani, Le Livre des Superstitions, Robert Laffont, 1995)
Le bois
imputrescible du châtaignier servait à la construction artisanale, au bois de charpente
et à la confection des écuelles et fournissait même l'essentiel des matériaux de
vannerie. Les rames feuillues étaient utilisées comme fourrage et les feuilles sèches
pour la litière des porcs. Les châtaignes étaient séchées grâce à de la fumée au
travers d'un plancher à claire-voie (la "cléda") puis décortiquées
(«dépiquage», en occitan : «pisar las castanhas") pour obtenir un
châtaignon, couleur d'ivoire «la blanchette» ou «bajana» . Ce châtaignon
était grillé (afachades) ou cuit dans de l'eau salée afin confectionner le «bajanat»;
une soupe à base de lait ou de vin.
L'exode rural, combiné aux terribles maladie de l'encre et du
chancre, entraîna, au début du siècle, le déclin des châtaigneraies françaises.
Afin de lutter contre ce dépérissement, on utilisa deux espèces de châtaigniers
asiatiques, plus résistantes, comme porte-greffes : le châtaignier de Chine (Castanea
mollissima) et le châtaignier japonais (Castanea aenata). La production fut relancée et
désormais la France est le quatrième pays européen producteur de châtaigne après
l'Italie, l'Espagne et le Portugal. Midi-Pyrénées se place en troisième
position derrière les régions Rhône-Alpes et Languedoc-Roussillon.
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Comment distinguer la châtaigne du marron ? L'amande du marron est entière, le fruit est "non cloisonné" |
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Sept cents variétés de châtaignes ont été recensées en France. Un châtaignier dans la force de l'âge produit de 40 à 250 kgs de
fruits, selon les régions et les années. Mais il faut attendre une vingtaine d'années
avant que l'arbre ne commence à produire.
Voici
trois de ces variétés, très présentes en Sud-Ouest
| Belle Epine Département d'origine Dordogne. Aire de culture conseillée: Sud-Ouest et Centre Ouest Ardèche, Gard jusqu'à 400 m d'altitude, Isère (300 à 600 m) Marron semi-tardif FRUIT de forme elliptique longue, anguleuse, plate. Couleur acajou foncé, satinée calibre moyen, cloisonnement inférieur à 5 %. |
Fruit apprécié frais et pour la conserverie. Bonne saveur.
Bons résultats en confiserie. Sensible aux pourritures, ne se conserve pas bien naturellement. ARBRE Vigueur moyenne à forte, bon pollinisateur, moyennement productif, fruits gros à moyen. .Floraison femelle semi-tardive, floraison mâle semi-précoce |
| Bouche de Betizac Aire de culture conseillée: Grand Sud-Ouest et Sud Ouest Marron précoce Origine: hybride INRA FRUIT gros à très gros, de forme elliptique courte et plate. Couleur châtain rouge clair,vire rapidement au brun foncé mat, cloisonnement inférieur 8 à 25 %. |
Fruit : très bonne saveur pour un hybride.Très
bien placée pour le marché de frais;appréciée comme marron grillé Conservation naturelle : moyenne ARBRE de vigueur assez forte avec une productivité bonne et régulière. Atout : peu sensible au chancre. Garde ses feuilles longtemps à l'automne Points faibles : sensible au gel de printemps et cloisonnement important dans les gros calibre. |
| Bournette Aire de culture conseillée: Sud-Ouest jusqu'à 450 m d'altitude, bien adapté en Limousin, Bretagne et Isère FRUIT : Marron précoce, fruit gros à très gros, de forme elliptique courte. Couleur: châtain très clair, rapidement terne. Cloisonnement inférieur à 5 % Origine: hybride naturel, Ardèche |
Saveur plutôt fade. Peu appréciée sur le marché de frais à cause de sa couleur trop différente de la moyenne. Conservation naturelle : moyenne ARBRE de vigueur moyenne, forme rapidement une boule. Productivité très forte , bonne faculté d'adaption, difficile de maîtriser le calibre des fruits. Port: rapide : 3 ans Sensible au chancre de l'écorce |
*On en a d'ailleurs retrouvé des traces fort anciennes en Dordogne et en Ardèche, dans des sites archéologiques de l'époque glaciaire.
©05/2000