
u confluent du Tarn et de la Dourbie, Millau est "la capitale
du gant et de la peau de qualité". Un art du cuir, un privilège de l'élégance qui
date du XII ème siècle. A cette époque, les peaux de Millau se monnayaient
déjà sur la foire de Pézenas et dans la vallée du Rhône. Un usage qui voulait que les
consuls ne paraissent jamais les mains nues dans les cérémonies, lança la mode du gant.
Ceux de Millau, déjà réputés, étaient confectionnés avec la peau souple et fine de touts jeunes agneaux (des "regords") des causses voisins. Les éleveurs de races ovines Lacaune, Bizet ou Texel avait besoin de produire du lait de brebis, indispensable à la fabrication du Roquefort. Les agneaux étaient donc sacrifiés. Millau allait faire de leur peau si exceptionnelle, sa matière première admirablement traitée grâce aux eaux acides de la Dourbie. Pour connaître le Parcours et le Traitement d'une peau ...
Au
XVIIIe siècle, un enfant du pays, Antoine Guy révolutionne la production mégissière.
Ce millavois importe de l'Europe entière les meilleures techniques de fabrication
du gant. Dans les années 1850, sur sa lancée, la ganterie millavoise intègre les
dernières avancées de la technique comme "la main de fer" qui réduit
considérablement les temps de coupe, et les machines à coudre les gants. La production
en série était lancée pour la plus grande prospérité de la ville. La renommée
internationale de ce gant ne suffira pas à contrer la concurrence de pays à faible coût
de main-d'oeuvre
Mises à mal par les importations massives, la ganterie millavoise se recentre sur le créneau du gant de luxe, joue la sophistication et la richesse des matières. En effet, moins présent dans la mode actuelle, cet accessoire n'en continue pas moins de séduire l'imagination des grands couturiers. Saint-Laurent, Montana, Dior, Hermès etc. font réaliser leurs collections de gants à Millau.
"Ce qui fait notre force, c'est l'originalité des modèles et la qualité de la fabrication" explique-t-on chez Lavabre-Cadet, gantiers depuis plusieurs générations. C'est cette exigence qui permet aux entreprises millavoises de produire encore aujourd'hui plus d'un million de paires par an et d'employer plus de 500 personnes (contre un millavois sur deux au début du siècle...).
A noter : chaque année, à Millau, se tiennent en juin Les Artisanales du Cuir, une bonne occasion de découvrir les nouvelles tendances du gant. Et du cuir en général

Hôtel de Pégayrolles Place Foch, 12100 Millau Tel : 05.65.59.01.08 Une importante section de ce musée est consacrée aux industries mégissières et gantières de Millau. Un diaporama montre les différentes phases du travail du mégissier, et des collections résument l'histoire du gant, des origines aux grands couturiers (Yves Saint-Laurent, Hermès, Chanel, Christian Lacroix ...). Le public est invité à toucher une collection de peaux (agneau, chevreau, autruche, requin, pécari ...).
Très dynamique, ce lieu dispose d'un important centre de documentation et a su attirer l'été dernier plus de 2000 personnes à une exposition rétrospective "De la Réclame à la Pub". |
© Great France 06/2000