ès le milieu du XVII ème siècle, Rochefort-sur-Mer a abrité la plus grosse industrie de construction navale du pays. Un passé maritime prestigieux  toujours bien présent comme en témoigne les nombreux chantiers navals pour la navigation de plaisance toujours présents sur le littoral charentais.

Retournons au XVIIème siècle.  L'état guerrier de Louis XIV a besoin d'argent. Le développement économique par le soutien des activités industrielles est impératif.  Colbert  décide, en 1666, la construction d'un   arsenal à Rochefort (parallèlement à six autres arsenaux : Dunkerque, Le Havre, Brest, Lorient, Marseille et Toulon); au moment où la France "décide enfin de se doter de forces navales permanentes" selon l'expression de l'historien Jean Meyer. Parce que la marine est devenue une industrie de pointe, cet arsenal d'Etat incarne la puissance maritime et économique du royaume. L'importance des bâtiments et de la main d'oeuvre en font une des plus grandes concentrations ouvrières stables qu'il soit possible de trouver en Europe (Jean Meyer).

Michel Bégon nommé Intendant de la Marine du Ponant à Rochefort en 1688 écrit, fasciné. Cet arsenal est "le plus grand, le plus achevé et le plus magnifique du royaume; il est composé du plus beau chantier de construction qui soit dans l'univers, de trois grands bassins qu'on appelle des formes pour le radoub des vaisseaux, de tous les magasins généraux et particuliers nécessaires, des corderies, des forges et autres ateliers. Il y a une des plus belles salles d'armes du royaume. [..] Il y a trois magasins dans lesquels on conserve les poudres qu'on fabrique dans les moulins de Saint-Jean-d'Angély, qui ne travaillent que pour Rochefort".

Un siècle plus tard, ce sont des navires de 800 à 900 tonneaux qui sortent des chantiers de la Marine. L'Arsenal est devenu le lieu de toutes les
innovations technologiques. On y expérimente le cabestan, le bateau-porte, les formes de radoub à gradins, le pétrin mécanique etc. ... C'est également, et surtout, un pôle économique qui enrichit les provinces d'Aunis et de Saintonge. Elles lui fournissent du bois, indispensable à la construction des navires mais également du blé, du vin, de la viande. Plus loin à l'intérieur des terres, les fonderies du Périgord et du Nivernais fournissent les métaux indispensables, les pays du Nord, la toile et le goudron, la Bretagne les toiles à voiles, la Baltique  le chanvre etc. ...L'organisation et le commerce de tout un arrière-pays sont dédiés aux besoins de l'Arsenal qui agit comme une "formidable pompe aspirante et d'hommes et de matériaux" (Jean Meyer)

 

La Reconstruction de l'Hermione

"En 1778, dans l’arsenal de Rochefort sur une cale de construction proche de la Corderie Royale, l’Hermione était mise en chantier.Navire de plus de 65 mètres de longueur hors tout, doté d’une voilure de 1500 m2 répartie sur trois mâts, l’Hermione fut construite sur les plans de l’ingénieur Chevillard Aîné. Elle faisait partie, avec la Courageuse, la Concorde et la Fée, d’une série de quatre frégates mises en chantier à Rochefort. Appartenant à la catégorie de frégates dites légères, caractérisées par leur vitesse et leur maniabilité, l’Hermione était équipée de 26 canons tirant des boulets de 12 livres, d’où son nom de "frégate de 12". Longue de 44,20 m, large de plus de 11 m, la frégate nécessita 11 mois de travail pour des centaines de charpentiers, forgerons, perceurs, cloueurs, calfats... bagnards... pour un total de plus de 35 000 journées de travail."(Association Hermione - www.hermione.com)

Depuis février 1997, une association (Association Hermione, sous la présidence d'Erik Orsenna) a entrepris la reconstruction de ce trésor d'architecture navale, frégate de Lafayette. Forte de 2000 membres, elle poursuit ce chantier extraordinaire qui mobilise savoir-faire et passion : charpentiers de marine, historien, modéliste etc. ... La reconstruction à l'identique (matériaux et techniques d'assemblages) de l'Hermione prendra 10 ans contre 6 mois au XVIIème siècle !

Ce chantier est ouvert au public sous l'égide du Centre International de la Mer. Des passerelles de circulation ont été disposées dans la forme de radoub qui accueille le chantier naval, permettant ainsi une vision privilégiée des différentes parties du bateau en construction.

A noter : Pour suivre en image la construction : www.ville-rochefort.fr

 

Association Hermione-La Fayette
Place Amiral Dupont - BP 177 - 17308 Rochefort Cedex,

Tel : 05 46 82 07 07 - Fax : 05 46 82 07 17
http://www.hermione.com

La Corderie Royale Centre International de la Mer
Tel : 05 46 99 08 60 - Fax 05 46 99 52 64

illustrations Association Hermione D.R

© 08/2000